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Sentiment d'ins
L'insécurité, c'est aussi dans la tête
A moins d'un mois des élections régionales, la sécurité reste l'une des préoccupations des électeurs. A Bruxelles plus qu'ailleurs, les habitants se sentent en insécurité. La capitale n'est pourtant pas un grand Chicago.
Bruxelles est-elle une ville dangereuse? Pas vraiment, semble-t-il, au vu des chiffres. Le sentiment d'insécurité, lui, y est plus élevé qu'ailleurs dans le pays: en 2006, 18% des Bruxellois déclarent ne pas se sentir "toujours ou souvent" en sécurité. En cause, ici comme ailleurs, les petites incivilités, poubelles dégradées, refus de priorité, insultes..., dont souffrent le
www.levif.be | Détails
A moins d'un mois des élections régionales, la sécurité reste l'une des préoccupations des électeurs. A Bruxelles plus qu'ailleurs, les habitants se sentent en insécurité. La capitale n'est pourtant pas un grand Chicago.
Bruxelles est-elle une ville dangereuse? Pas vraiment, semble-t-il, au vu des chiffres. Le sentiment d'insécurité, lui, y est plus élevé qu'ailleurs dans le pays: en 2006, 18% des Bruxellois déclarent ne pas se sentir "toujours ou souvent" en sécurité. En cause, ici comme ailleurs, les petites incivilités, poubelles dégradées, refus de priorité, insultes..., dont souffrent le
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La frénésie sécuritaire en débat
L’Association Française de Criminologie (AFC), le Syndicat de la Magistrature (SM), le Syndicat des Avocats de France (SAF) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) organisent, au Havre, le 25 mai, un débat sur l’état de la justice en France.
« La prison pour qui ? La prison pour quoi faire ? Pour combien de temps ? » Pour tenter de répondre aux questions posées par l’affiche diffusée par les organisateurs de la soirée havraise, le débat va commencer par la projection du film de Thomas Lacoste Rétention de sûreté, une peine infinie (2008 - 68 min). Un puissant document qui sert notamment de support à L’Appel pour l’abolition de la loi de rétention de sûreté qui a été signé par plus de 14 500 personnes et une multitude d’organisations*.
Les huit intervenants interviewés par Thomas Lacoste déconstruisent méticuleusement le populisme pénal prôné par Nicolas Sarkozy (le père fouettard qui a dicté l’adoption de la loi sur la Rétention de sûreté) et le populisme constitutionnel (qui veut appliquer cette loi par-delà les principes supérieurs du droit). Ainsi, Jean Bérard (historien membre de l’Observatoire international des prisons), Jean-Pierre Boucher (juge de l’application des peines et ancien président du SM), Christian Charrière-Bournazel (avocat et bâtonnier de Paris), Sophie Desbruyères (conseillère d’insertion et de probation et secrétaire nationale du Snepap-FSU), Claude-Olivier Doron (philosophe), Véronique Mao (surveillante pénitentiaire, secrétaire nationale de l’UGSP-CGT), Emmanuelle Perreux (juge de l’application des peines et présidente du SM) et Daniel Zagury (psychiatre expert auprès de la Cour d’appel de Paris) alertent l’opinion sur le cauchemar qui se prépare, un scénario pratiquement calqué sur Minority Report, le film effrayant de Steven Spielberg.
En voulant faire du droit des victimes le « premier droit de l’homme », Nicolas Sarkozy ne va pas tarder à enfiler le costume des précogs de Spielberg pour punir les crimes avant même qu’ils ne surviennent ! Surfant sur le fameux « sentiment d’insécurité » qui fait le régal des journaux télévisés, ruminant sur le supposé « laxisme des juges » et les criminels récidivistes (la France a un taux de récidive très faible), bavant sur la potentielle dangerosité de certains citoyens, attisant toutes les peurs…, le pouvoir s’est forgé un arsenal liberticide sans précédent depuis 2002.
Entre les lois Perben, la loi « sécurité intérieure », la loi « traitement de la récidive », la loi « lutte contre le terrorisme », la loi « égalité des chances » (sic), la loi « prévention de la délinquance », la loi « peines planchers », la loi « rétention de sûreté »…, l’État français affiche une frénésie pénale digne des régimes totalitaires. Une situation préoccupante régulièrement dénoncée par les instances européennes. En vérité, Sarkozy, grand serviteur du Capital, veut se montrer implacable avec les récidivistes… tant qu’il ne s’agit pas d’hommes affaires. Selon que vous serez puissant ou misérable… Impitoyable envers les « misérables » (mineurs, étrangers…) et clémente avec les puissants (chefs d’entreprise, rois de la finance…), voilà l’injustice idéale de Sarkozy.
Dans un état de droit, les citoyens sont généralement jugés sur ce qu’ils ont fait de répréhensible. À présent, la prison menace n’importe qui en fonction de ce qu’il est et du risque qu’il représenterait. Une logique de guerre sociale qui prend corps avec des affaires politiques scandaleuses (Coupat, Rouillan…). Et demain ? Combien de militant-e-s syndicaux, politiques et associatifs, combien de journalistes honnêtes (il y en a), combien d’entre nous, monsieur et madame Toulemonde, « précriminels » en puissance, « prédélinquants » de naissance, seront embastillé-e-s dans des prisons-pourrissoirs à cause de...
www.lemague.net | Détails
L’Association Française de Criminologie (AFC), le Syndicat de la Magistrature (SM), le Syndicat des Avocats de France (SAF) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) organisent, au Havre, le 25 mai, un débat sur l’état de la justice en France.
« La prison pour qui ? La prison pour quoi faire ? Pour combien de temps ? » Pour tenter de répondre aux questions posées par l’affiche diffusée par les organisateurs de la soirée havraise, le débat va commencer par la projection du film de Thomas Lacoste Rétention de sûreté, une peine infinie (2008 - 68 min). Un puissant document qui sert notamment de support à L’Appel pour l’abolition de la loi de rétention de sûreté qui a été signé par plus de 14 500 personnes et une multitude d’organisations*.
Les huit intervenants interviewés par Thomas Lacoste déconstruisent méticuleusement le populisme pénal prôné par Nicolas Sarkozy (le père fouettard qui a dicté l’adoption de la loi sur la Rétention de sûreté) et le populisme constitutionnel (qui veut appliquer cette loi par-delà les principes supérieurs du droit). Ainsi, Jean Bérard (historien membre de l’Observatoire international des prisons), Jean-Pierre Boucher (juge de l’application des peines et ancien président du SM), Christian Charrière-Bournazel (avocat et bâtonnier de Paris), Sophie Desbruyères (conseillère d’insertion et de probation et secrétaire nationale du Snepap-FSU), Claude-Olivier Doron (philosophe), Véronique Mao (surveillante pénitentiaire, secrétaire nationale de l’UGSP-CGT), Emmanuelle Perreux (juge de l’application des peines et présidente du SM) et Daniel Zagury (psychiatre expert auprès de la Cour d’appel de Paris) alertent l’opinion sur le cauchemar qui se prépare, un scénario pratiquement calqué sur Minority Report, le film effrayant de Steven Spielberg.
En voulant faire du droit des victimes le « premier droit de l’homme », Nicolas Sarkozy ne va pas tarder à enfiler le costume des précogs de Spielberg pour punir les crimes avant même qu’ils ne surviennent ! Surfant sur le fameux « sentiment d’insécurité » qui fait le régal des journaux télévisés, ruminant sur le supposé « laxisme des juges » et les criminels récidivistes (la France a un taux de récidive très faible), bavant sur la potentielle dangerosité de certains citoyens, attisant toutes les peurs…, le pouvoir s’est forgé un arsenal liberticide sans précédent depuis 2002.
Entre les lois Perben, la loi « sécurité intérieure », la loi « traitement de la récidive », la loi « lutte contre le terrorisme », la loi « égalité des chances » (sic), la loi « prévention de la délinquance », la loi « peines planchers », la loi « rétention de sûreté »…, l’État français affiche une frénésie pénale digne des régimes totalitaires. Une situation préoccupante régulièrement dénoncée par les instances européennes. En vérité, Sarkozy, grand serviteur du Capital, veut se montrer implacable avec les récidivistes… tant qu’il ne s’agit pas d’hommes affaires. Selon que vous serez puissant ou misérable… Impitoyable envers les « misérables » (mineurs, étrangers…) et clémente avec les puissants (chefs d’entreprise, rois de la finance…), voilà l’injustice idéale de Sarkozy.
Dans un état de droit, les citoyens sont généralement jugés sur ce qu’ils ont fait de répréhensible. À présent, la prison menace n’importe qui en fonction de ce qu’il est et du risque qu’il représenterait. Une logique de guerre sociale qui prend corps avec des affaires politiques scandaleuses (Coupat, Rouillan…). Et demain ? Combien de militant-e-s syndicaux, politiques et associatifs, combien de journalistes honnêtes (il y en a), combien d’entre nous, monsieur et madame Toulemonde, « précriminels » en puissance, « prédélinquants » de naissance, seront embastillé-e-s dans des prisons-pourrissoirs à cause de...
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Un sentiment d’insécurité
La sécurité publique est de nouveau sur la sellette. Après les très nombreuses réunions publiques qui ont été organisé par le ministère de l’Intérieur dans toute la France et dont Vitrolles a fait parti, Michelle Alliot-Marie va donc annoncer les mesures chocs pour résorber encore plus la violence, qu’elle soit de banlieue ou plus tragiquement comme l’actualité locale nous l’a fait appréhender, routière.
.
Quelle réponse apporter à l’acte d’un c** qui tue au petit matin une mère enceinte de huit mois et son enfant de deux ans avant de prendre la fuite ? Quelle réponse apporter à l’acte d’un autre c** qui veut tuer sa femme en plein centre ville sous prétexte qu’elle ne doit pas vivre sans lui ? Quelle réponse apporter à de jeunes c** qui gazent pour le plaisir en pleine heure de pointe les passagers d’un bus ?
.
Tous les discours, toutes les grandes annonces, tous les effectifs ne feront pas grands choses tant que le citoyen que nous sommes ne comprendra pas que la sécurité commence d’abord par une prise de conscience de soi-même et par l’arrêt des actes imbéciles au quotidien.
.
Commençons par exemple par aller jeter nos ordures à la déchetterie plutôt que de déverser le contenu du Scenic au bord de la route et on évitera l’acte imbécile d’un vitrollais excédé, voisin de ce dépôt sauvage, menaçant au fusil de chasse l’incivil pour qu’il rembarque ses ordures.
.
Commençons par respecter un minimum le code de la route et soudain tout sera plus sûr. Comment ne pas qualifier d’inconscient voire de c*** le conducteur de ce 4X4 qui, dimanche matin, a préféré prendre l’avenue Marcel Pagnol à contre-sens plutôt que de rester derrière une camionnette qui roulait à 40 km/h là où c’est limité à 50 !
.
Tous les discours sur la sécurité ne pèsent pas lourd par rapport à ces actes d’incivilités qui, non seulement énerve les citoyens respectueux de la loi, mais de surcroit ne font que propager un sentiment que l’on appelle « insécurité ».
.
Car pour Vitrolles, on aura beau se réfugier derrière des chiffres, sortir de belles litanies pour se gargariser du fait que la délinquance baisse, ce sont tous ces petits actes qui au contraire font penser le contraire.
.
Si l’on regarde bien les chiffres 2008 de la sécurité à Vitrolles, tous les indicateurs de la délinquance et de la criminalité sont en baisse à l’exception des cambriolages (560 en 2004, 614 en 2008), des vols avec violences (248 en 2004, 355 en 2008), des autres vols comme ceux à l’étalage (257 en 2004, 292 en 2008)
.
En 2008, Vitrolles est classé septième en taux de criminalité pour 1000 habitants dans les villes de catégories III (50000 à 100000 habitants) derrière quatre villes du neuf-trois, Cayenne et Valence dans la Drome. Sur les Bouches du Rhône, elle se classe deuxième derrière Marseille.
.
Mais au même moment, dans les Bouches-du-Rhône, les autres villes de même catégorie se positionnement loin dans ce classement de l’horrible (Martigues 56ème, Istres 57ème, Arles 61ème et même Marignane 62ème)
.
En fait, si tous les autres indicateurs (au nombre de cent !) sont en baisses, la hausse de ces trois là et le classement peu glorieux de la ville dans les statistiques nationales, renforcent le sentiment d’insécurité des citoyens.
.
Et malheureusement, c’est désormais au niveau d’un « sentiment » qu’il faut travailler.
.
Je vais revenir sous peu avec un commentaire plus approfondi sur la sécurité à Vitrolles.
mathon.blogspot.com | Détails
La sécurité publique est de nouveau sur la sellette. Après les très nombreuses réunions publiques qui ont été organisé par le ministère de l’Intérieur dans toute la France et dont Vitrolles a fait parti, Michelle Alliot-Marie va donc annoncer les mesures chocs pour résorber encore plus la violence, qu’elle soit de banlieue ou plus tragiquement comme l’actualité locale nous l’a fait appréhender, routière.
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Quelle réponse apporter à l’acte d’un c** qui tue au petit matin une mère enceinte de huit mois et son enfant de deux ans avant de prendre la fuite ? Quelle réponse apporter à l’acte d’un autre c** qui veut tuer sa femme en plein centre ville sous prétexte qu’elle ne doit pas vivre sans lui ? Quelle réponse apporter à de jeunes c** qui gazent pour le plaisir en pleine heure de pointe les passagers d’un bus ?
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Tous les discours, toutes les grandes annonces, tous les effectifs ne feront pas grands choses tant que le citoyen que nous sommes ne comprendra pas que la sécurité commence d’abord par une prise de conscience de soi-même et par l’arrêt des actes imbéciles au quotidien.
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Commençons par exemple par aller jeter nos ordures à la déchetterie plutôt que de déverser le contenu du Scenic au bord de la route et on évitera l’acte imbécile d’un vitrollais excédé, voisin de ce dépôt sauvage, menaçant au fusil de chasse l’incivil pour qu’il rembarque ses ordures.
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Commençons par respecter un minimum le code de la route et soudain tout sera plus sûr. Comment ne pas qualifier d’inconscient voire de c*** le conducteur de ce 4X4 qui, dimanche matin, a préféré prendre l’avenue Marcel Pagnol à contre-sens plutôt que de rester derrière une camionnette qui roulait à 40 km/h là où c’est limité à 50 !
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Tous les discours sur la sécurité ne pèsent pas lourd par rapport à ces actes d’incivilités qui, non seulement énerve les citoyens respectueux de la loi, mais de surcroit ne font que propager un sentiment que l’on appelle « insécurité ».
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Car pour Vitrolles, on aura beau se réfugier derrière des chiffres, sortir de belles litanies pour se gargariser du fait que la délinquance baisse, ce sont tous ces petits actes qui au contraire font penser le contraire.
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Si l’on regarde bien les chiffres 2008 de la sécurité à Vitrolles, tous les indicateurs de la délinquance et de la criminalité sont en baisse à l’exception des cambriolages (560 en 2004, 614 en 2008), des vols avec violences (248 en 2004, 355 en 2008), des autres vols comme ceux à l’étalage (257 en 2004, 292 en 2008)
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En 2008, Vitrolles est classé septième en taux de criminalité pour 1000 habitants dans les villes de catégories III (50000 à 100000 habitants) derrière quatre villes du neuf-trois, Cayenne et Valence dans la Drome. Sur les Bouches du Rhône, elle se classe deuxième derrière Marseille.
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Mais au même moment, dans les Bouches-du-Rhône, les autres villes de même catégorie se positionnement loin dans ce classement de l’horrible (Martigues 56ème, Istres 57ème, Arles 61ème et même Marignane 62ème)
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En fait, si tous les autres indicateurs (au nombre de cent !) sont en baisses, la hausse de ces trois là et le classement peu glorieux de la ville dans les statistiques nationales, renforcent le sentiment d’insécurité des citoyens.
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Et malheureusement, c’est désormais au niveau d’un « sentiment » qu’il faut travailler.
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Je vais revenir sous peu avec un commentaire plus approfondi sur la sécurité à Vitrolles.
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La transition autoritaire
Après une décennie de développement exacerbé du discours sécuritaire, nourri en France par des gouvernements de colorations différentes, le moment est venu de passer à l’étape suivante, celle du recueil des fruits généreux du nouveau gouvernement des citoyens par l’instrumentation de la peur savamment instillée aux tréfonds des esprits les moins critiques. Après les semailles sécuritaires voici enfin, pour la Droite débarrassée de tout état d’âme, le temps de la moisson autoritaire.
Le sentiment d’insécurité est aujourd’hui le point central du débat politique. Là se situe l’origine d’une dérive qui pourrait s’avérer fatale. Ce processus repose entièrement sur la confusion abondamment entretenue et instrumentalisée entre insécurité, phénomène relativement objectif car observable, et sentiment d’insécurité, phénomène essentiellement subjectif. Les hommes politiques, en particulier les élus locaux, n’ont que peu de prise sur l’insécurité qui très souvent se caractérise par de simples incivilités mais ils peuvent agir en revanche avec profit électoral sur le sentiment d’insécurité en suscitant de multiples peurs. Ils ne s’en sont pas privés, à gauche comme à droite. Le lien entre incivilités et sentiment d’insécurité s’est finalement imposé dans tout débat politique ou médiatique. Dans ce contexte dramatiquement irresponsable, la classe politique a poussé sur le devant de la scène une cohorte disparate d’ennemis de l’intérieur désignés à « l’opinion » comme les vrais responsables du délitement du tissu social et de l’intégrité républicaine. Ainsi, la figure de l’ordre intérieur a fini par se réduire à la guerre contre les franges dangereuses que représentent les banlieues honteusement livrées à leur dérive, les jeunes de « la racaille », les clandestins ayant l’outrecuidance de ne pas attendre patiemment d’être choisis, l’ultra-gauche paisiblement rassemblée autour d’une « bizarre » épicerie du plateau de Millevaches…
Face à de si nombreux ennemis, il faut agir promptement et sans faiblesse. La posture sécuritaire ne suffit plus. Elle va se muer en posture autoritaire. L’usage que « l’appareil » pénal fait de l’ensemble des possibilités répressives que lui offre la loi en est la preuve. Le nombre de gardes à vue n’a jamais été aussi élevé : 578 000 personnes, résidant en France et âgées de plus de 13 ans, ont été placées dans cette inconfortable situation en 2008. Le nombre impressionnant d’incriminations pour outrage à agent de la force publique connaît lui aussi une croissance exponentielle. Les prélèvements d’ADN sont devenus monnaie courante dans les milieux militants, qu’il s’agisse des faucheurs de maïs transgéniques ou de jeunes « anti-Otan », sans oublier les étudiants. La catégorie de « délinquant » s’est particulièrement étendue, grâce au déploiement du filet pénal rendu possible par la levée d’inhibition que le « 11 Septembre » a constitué dans l’escalade des politiques de sécurité. La logique du risque, développée par Nicolas Sarkozy et ses plus fervents lieutenants, ne s’intéresse plus seulement aux délinquants, mais à tous les présumés délinquants, tous venant gonfler les innombrables fichiers informatiques devenus incontrôlables. La loi sur la...
www.netoyens.info | Détails
Après une décennie de développement exacerbé du discours sécuritaire, nourri en France par des gouvernements de colorations différentes, le moment est venu de passer à l’étape suivante, celle du recueil des fruits généreux du nouveau gouvernement des citoyens par l’instrumentation de la peur savamment instillée aux tréfonds des esprits les moins critiques. Après les semailles sécuritaires voici enfin, pour la Droite débarrassée de tout état d’âme, le temps de la moisson autoritaire.
Le sentiment d’insécurité est aujourd’hui le point central du débat politique. Là se situe l’origine d’une dérive qui pourrait s’avérer fatale. Ce processus repose entièrement sur la confusion abondamment entretenue et instrumentalisée entre insécurité, phénomène relativement objectif car observable, et sentiment d’insécurité, phénomène essentiellement subjectif. Les hommes politiques, en particulier les élus locaux, n’ont que peu de prise sur l’insécurité qui très souvent se caractérise par de simples incivilités mais ils peuvent agir en revanche avec profit électoral sur le sentiment d’insécurité en suscitant de multiples peurs. Ils ne s’en sont pas privés, à gauche comme à droite. Le lien entre incivilités et sentiment d’insécurité s’est finalement imposé dans tout débat politique ou médiatique. Dans ce contexte dramatiquement irresponsable, la classe politique a poussé sur le devant de la scène une cohorte disparate d’ennemis de l’intérieur désignés à « l’opinion » comme les vrais responsables du délitement du tissu social et de l’intégrité républicaine. Ainsi, la figure de l’ordre intérieur a fini par se réduire à la guerre contre les franges dangereuses que représentent les banlieues honteusement livrées à leur dérive, les jeunes de « la racaille », les clandestins ayant l’outrecuidance de ne pas attendre patiemment d’être choisis, l’ultra-gauche paisiblement rassemblée autour d’une « bizarre » épicerie du plateau de Millevaches…
Face à de si nombreux ennemis, il faut agir promptement et sans faiblesse. La posture sécuritaire ne suffit plus. Elle va se muer en posture autoritaire. L’usage que « l’appareil » pénal fait de l’ensemble des possibilités répressives que lui offre la loi en est la preuve. Le nombre de gardes à vue n’a jamais été aussi élevé : 578 000 personnes, résidant en France et âgées de plus de 13 ans, ont été placées dans cette inconfortable situation en 2008. Le nombre impressionnant d’incriminations pour outrage à agent de la force publique connaît lui aussi une croissance exponentielle. Les prélèvements d’ADN sont devenus monnaie courante dans les milieux militants, qu’il s’agisse des faucheurs de maïs transgéniques ou de jeunes « anti-Otan », sans oublier les étudiants. La catégorie de « délinquant » s’est particulièrement étendue, grâce au déploiement du filet pénal rendu possible par la levée d’inhibition que le « 11 Septembre » a constitué dans l’escalade des politiques de sécurité. La logique du risque, développée par Nicolas Sarkozy et ses plus fervents lieutenants, ne s’intéresse plus seulement aux délinquants, mais à tous les présumés délinquants, tous venant gonfler les innombrables fichiers informatiques devenus incontrôlables. La loi sur la...
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La peur de la délinquance a encore diminué en 2009
Signe des temps, le chômage et la pauvreté sont les principaux sujets de crainte des Franciliens, selon une enquête IAU, que la Région a financée.
Alors qu’elle était la préoccupation principale des Franciliens en 2001, la délinquance est aujourd’hui très largement devancée par l’insécurité sociale au palmarès de leurs peurs. Ils sont en effet 40,9 % à citer comme crainte principale le chômage (contre 24,6 % en 2001) et 39,8 % la pauvreté (contre 25,9 % en 2001). Viennent ensuite la délinquance (12,6 % contre 39,2 % en 2001), la pollution (4,9 % contre 6,3 % en 2001) et le sida (1,8 % contre 4 % en 2001). C’est ce que révèle l’enquête « Victimisation et sentiment d’insécurité en Île-de-France », dont l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Île-de-France vient de publier les premiers résultats.
Financée par la Région, cette enquête est menée par l’organisme régional d'études urbaines tous les deux ans depuis 2001, et ce auprès d’un échantillon de 10.500 ménages franciliens représentatifs. Elle a été réalisée, en ce qui concerne la toute dernière édition, en janvier et février de cette année.
Une diminution qui s’explique par le contexte socio-économique
Les premiers résultats laissent donc apparaître que les habitants d’Île-de-France sont de moins en moins préoccupés par l’insécurité (ils l’étaient pour 39,2 % d’entre eux en 2001, 27,8 % en 2003, 19,4 % en 2005, 18,5 % en 2007, 12,6 % en 2009). Cependant, cette diminution s’explique davantage par le contexte socio-économique que par une supposée baisse du nombre de violences enregistrées. En effet, il s’avère que si les atteintes aux biens (vols avec ou sans violence, actes de destruction, dégradations) ont bien diminué depuis 2002 selon la police et la gendarmerie, il en est tout autrement pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique (violences physiques crapuleuses ou non, violences sexuelles, menaces de violences) : toujours selon les mêmes sources, elles ont augmenté de 25 % entre 2000 et 2008.
Pour autant, les Franciliens se sentent davantage en sécurité : ceux qui ont peur (au moins de temps en temps), et de manière indifférenciée chez eux, dans leur quartier ou dans les transports en commun, ne sont plus que 48,3 % contre 53,8 % en 2001.
La peur diminue dans les transports en commun sauf dans le RER
© RATP/GillesAlignon
En s’intéressant à chaque peur en détail, on constate que celle qui peut être éprouvée chez soi – et qui est très peu répandue – reste stable (7,8%). Quant à la peur dans son quartier, elle chute de 29,1 % à 21,8 % en huit ans. La peur dans les transports en communs suit la même tendance : les Franciliens y sont sujets à 40,6 % au lieu de 43,8 % en 2001. Cette baisse, qui s’observe dans le bus, le métro et le train mais pas dans le RER, est-elle fondée sur des faits ? Non si l’on se base sur les chiffres des agressions et vols dans les transports en commun, qui ne diminuent pas. Oui si l’on considère que le développement de la vidéosurveillance ou la création d’un police spéciale en 2003 ont pu avoir des vertus rassurantes. Oui aussi si l’on juge possible que le nombre des actes d’incivilité, qui ne sont pas enregistrés, ait baissé.
Concernant la vidéosurveillance dans les transports en commun, l’étude note que les Franciliens sont 63,9 % à l’estimer rassurante. Leur proportion augmente d’ailleurs avec l’âge et tous sexes confondus : de 52 % chez les 20-24 ans, on passe à 76,8 % de personnes plus chez les plus de 75 ans............................
www.iledefrance.fr | Détails
Signe des temps, le chômage et la pauvreté sont les principaux sujets de crainte des Franciliens, selon une enquête IAU, que la Région a financée.
Alors qu’elle était la préoccupation principale des Franciliens en 2001, la délinquance est aujourd’hui très largement devancée par l’insécurité sociale au palmarès de leurs peurs. Ils sont en effet 40,9 % à citer comme crainte principale le chômage (contre 24,6 % en 2001) et 39,8 % la pauvreté (contre 25,9 % en 2001). Viennent ensuite la délinquance (12,6 % contre 39,2 % en 2001), la pollution (4,9 % contre 6,3 % en 2001) et le sida (1,8 % contre 4 % en 2001). C’est ce que révèle l’enquête « Victimisation et sentiment d’insécurité en Île-de-France », dont l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Île-de-France vient de publier les premiers résultats.
Financée par la Région, cette enquête est menée par l’organisme régional d'études urbaines tous les deux ans depuis 2001, et ce auprès d’un échantillon de 10.500 ménages franciliens représentatifs. Elle a été réalisée, en ce qui concerne la toute dernière édition, en janvier et février de cette année.
Une diminution qui s’explique par le contexte socio-économique
Les premiers résultats laissent donc apparaître que les habitants d’Île-de-France sont de moins en moins préoccupés par l’insécurité (ils l’étaient pour 39,2 % d’entre eux en 2001, 27,8 % en 2003, 19,4 % en 2005, 18,5 % en 2007, 12,6 % en 2009). Cependant, cette diminution s’explique davantage par le contexte socio-économique que par une supposée baisse du nombre de violences enregistrées. En effet, il s’avère que si les atteintes aux biens (vols avec ou sans violence, actes de destruction, dégradations) ont bien diminué depuis 2002 selon la police et la gendarmerie, il en est tout autrement pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique (violences physiques crapuleuses ou non, violences sexuelles, menaces de violences) : toujours selon les mêmes sources, elles ont augmenté de 25 % entre 2000 et 2008.
Pour autant, les Franciliens se sentent davantage en sécurité : ceux qui ont peur (au moins de temps en temps), et de manière indifférenciée chez eux, dans leur quartier ou dans les transports en commun, ne sont plus que 48,3 % contre 53,8 % en 2001.
La peur diminue dans les transports en commun sauf dans le RER
© RATP/GillesAlignon
En s’intéressant à chaque peur en détail, on constate que celle qui peut être éprouvée chez soi – et qui est très peu répandue – reste stable (7,8%). Quant à la peur dans son quartier, elle chute de 29,1 % à 21,8 % en huit ans. La peur dans les transports en communs suit la même tendance : les Franciliens y sont sujets à 40,6 % au lieu de 43,8 % en 2001. Cette baisse, qui s’observe dans le bus, le métro et le train mais pas dans le RER, est-elle fondée sur des faits ? Non si l’on se base sur les chiffres des agressions et vols dans les transports en commun, qui ne diminuent pas. Oui si l’on considère que le développement de la vidéosurveillance ou la création d’un police spéciale en 2003 ont pu avoir des vertus rassurantes. Oui aussi si l’on juge possible que le nombre des actes d’incivilité, qui ne sont pas enregistrés, ait baissé.
Concernant la vidéosurveillance dans les transports en commun, l’étude note que les Franciliens sont 63,9 % à l’estimer rassurante. Leur proportion augmente d’ailleurs avec l’âge et tous sexes confondus : de 52 % chez les 20-24 ans, on passe à 76,8 % de personnes plus chez les plus de 75 ans............................
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EUROPE | À chacun sa sécurité
L’insécurité (donc la sécurité) est sur toutes les lèvres. Thème de campagne préféré des candidats à la présidence française de la République depuis presque 30 ans, la sécurité est présentée comme une mission régalienne de l’état. Pourtant, rares sont les thèmes de campagne aussi vastes et flous que celui-ci, victime d’une définition politique nébuleuse et d’un vide juridique certain. Essaimé dans tous les champs de la vie sociale, on peut légitimement se demander : «de quelle sécurité parlons-nous?». Sociale, sanitaire, routière, publique, de l’emploi, intérieure ou globale, la pluralité des définitions est, c’est le moins qu’on puisse dire, déconcertante.
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Sécurité vs Sûreté
C’est dans les textes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’apparaît pour la première fois la notion de sécurité, non de façon explicite, mais à travers l’interprétation qu’on en fait, en l’assimilant au terme «sûreté» : «le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression». À l’époque révolutionnaire, la «sûreté» désignait la «garantie des droits». Autrement dit, il s’agissait de protéger les citoyens contre les abus du pouvoir monarchique. C’est à partir de la fin du XVIIIe siècle (1), puis tout au long du XIXe, que l’interprétation du terme «sûreté» glisse peu à peu pour être comprise comme «celle de l’État», ou garantir l’intégrité de la Nation contre les agressions extérieures.
L’émergence de la notion de sécurité telle qu’on l’entend aujourd’hui, c’est-à-dire l’assurance d’une protection (ou prévention) faite aux citoyens, par la Nation, contre les aléas susceptibles de les menacer («garantie contre les risques de l’existence : droit à l’emploi, protection de la santé, sécurité matérielle, repos et loisirs» (2)), fait son apparition implicite dans plusieurs articles du Préambule de la Constitution de 1946. Le droit à la sureté conserve quant à lui, et c’est encore le cas aujourd’hui, son sens juridique premier et s’entend définitivement comme «le droit à ne pas être exposé, accusé ou détenu arbitrairement, ni d’être exposé à des peines qui ne seraient strictement et évidemment nécessaires». Dès lors, la notion de sécurité trouve son autonomie juridique et se détache de la «sûreté», bien que de nombreux politiciens et législateurs persistent dans l’amalgame sémantique.
Insécurité
Ce n’est qu’en 1977 avec le rapport Peyrefitte (3) qu’émerge la prise de conscience du «sentiment d’insécurité». «Dans la France d’aujourd’hui, une peur enfouie au plus profond de l’homme, mais effacée pour un temps des mémoires, est reparue sous la forme d’un sentiment d’insécurité». L’existence d’un droit à la sécurité au sens plus étroit de la protection du corps social contre les agressions violentes extérieures (terrorisme) ou internes (délinquance de droit commun), a donc progressivement été mis au jour depuis la loi «Sécurité et Libertés» de 1981, dit loi Peyrefitte, jusqu’à être explicitement consacrée par la loi du 25 janvier 2001 : «l’État a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur le territoire de la République, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre publics, à la protection des personnes et des biens».
Dès lors, la sécurité est moins perçue comme un droit des citoyens que comme un devoir de l’État. Aujourd’hui, l’insécurité oblige l’État à «se tenir prêt» (4) contre d’éventuelles menaces, de moins en moins acceptées. Le problème viendrait donc, selon Marc-Antoine Granger5, de «l’obsession...
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L’insécurité (donc la sécurité) est sur toutes les lèvres. Thème de campagne préféré des candidats à la présidence française de la République depuis presque 30 ans, la sécurité est présentée comme une mission régalienne de l’état. Pourtant, rares sont les thèmes de campagne aussi vastes et flous que celui-ci, victime d’une définition politique nébuleuse et d’un vide juridique certain. Essaimé dans tous les champs de la vie sociale, on peut légitimement se demander : «de quelle sécurité parlons-nous?». Sociale, sanitaire, routière, publique, de l’emploi, intérieure ou globale, la pluralité des définitions est, c’est le moins qu’on puisse dire, déconcertante.
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Sécurité vs Sûreté
C’est dans les textes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’apparaît pour la première fois la notion de sécurité, non de façon explicite, mais à travers l’interprétation qu’on en fait, en l’assimilant au terme «sûreté» : «le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression». À l’époque révolutionnaire, la «sûreté» désignait la «garantie des droits». Autrement dit, il s’agissait de protéger les citoyens contre les abus du pouvoir monarchique. C’est à partir de la fin du XVIIIe siècle (1), puis tout au long du XIXe, que l’interprétation du terme «sûreté» glisse peu à peu pour être comprise comme «celle de l’État», ou garantir l’intégrité de la Nation contre les agressions extérieures.
L’émergence de la notion de sécurité telle qu’on l’entend aujourd’hui, c’est-à-dire l’assurance d’une protection (ou prévention) faite aux citoyens, par la Nation, contre les aléas susceptibles de les menacer («garantie contre les risques de l’existence : droit à l’emploi, protection de la santé, sécurité matérielle, repos et loisirs» (2)), fait son apparition implicite dans plusieurs articles du Préambule de la Constitution de 1946. Le droit à la sureté conserve quant à lui, et c’est encore le cas aujourd’hui, son sens juridique premier et s’entend définitivement comme «le droit à ne pas être exposé, accusé ou détenu arbitrairement, ni d’être exposé à des peines qui ne seraient strictement et évidemment nécessaires». Dès lors, la notion de sécurité trouve son autonomie juridique et se détache de la «sûreté», bien que de nombreux politiciens et législateurs persistent dans l’amalgame sémantique.
Insécurité
Ce n’est qu’en 1977 avec le rapport Peyrefitte (3) qu’émerge la prise de conscience du «sentiment d’insécurité». «Dans la France d’aujourd’hui, une peur enfouie au plus profond de l’homme, mais effacée pour un temps des mémoires, est reparue sous la forme d’un sentiment d’insécurité». L’existence d’un droit à la sécurité au sens plus étroit de la protection du corps social contre les agressions violentes extérieures (terrorisme) ou internes (délinquance de droit commun), a donc progressivement été mis au jour depuis la loi «Sécurité et Libertés» de 1981, dit loi Peyrefitte, jusqu’à être explicitement consacrée par la loi du 25 janvier 2001 : «l’État a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur le territoire de la République, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre publics, à la protection des personnes et des biens».
Dès lors, la sécurité est moins perçue comme un droit des citoyens que comme un devoir de l’État. Aujourd’hui, l’insécurité oblige l’État à «se tenir prêt» (4) contre d’éventuelles menaces, de moins en moins acceptées. Le problème viendrait donc, selon Marc-Antoine Granger5, de «l’obsession...
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