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La civilité électorale : vote et forclusion de la violence en France
La civilité électorale : vote et forclusion de la violence en France
| Titre: | La civilité électorale : vote et forclusion de la violence en France |
| Url: | www.scribd.com |
| Description: | Les incitations ne manquent pas qui poussent les acteurs sociaux à concevoir l'ordre politique moderne comme un idéal de rationalité et de fonctionnalité garant d'une véritable pacification des esprits et des corps. En caractérisant l'Etat à travers sa capacité à revendiquer "le monopole de la contrainte physique légitime"1, Max Weber établit une affinité très forte entre la forclusion de la violence privée et l'avènement d'un mode de domination rationnelle-légale. Parce qu'"il n'existe de nos jours de violence "légitime" que dans la mesure où l'ordre étatique la permet ou la prescrit"2, les éruptions périodiques de violence ou de protestation qui affectent la vie politique française paraissent difficile à comprendre. Nuançant l'hypothèse centrale de la Dynamique de l'Occident proposée par Norbert Elias, ces formes rebelles d'action politique rappellent la fragilité des mécanismes institutionnels et culturels censés pacifier l'espace public. Leur présence invite par là même la science politique à s'intéresser aux différentes modalités de gestion de la violence. Quelles sont les raisons qui obligent les citoyens à respecter l'ordre pacifié de l'Etat ? A peine formulée, une telle question signale la nécessité de déplacer la réflexion de son cours habituel. Il s'agit moins de comprendre la progressive monopolisation de la violence physique par l'Etat que d'analyser l'entreprise d'acculturation civique qui l'accompagne nécessairement. C'est grâce à cette dernière que les relations sociales et politiques se voient sommées de perdre leurs attributs conflictuels. Le rejet de la violence en tant que mode d'action politique impose notamment de créer des espaces "neutralisants" susceptibles de dissiper la menace du contact social. La mise en oeuvre de l'activité électorale occupe, à cet égard, une place déterminante. Le vote tend à opposer à la rhétorique vindicative de la force une autre scénographie : celle d'une adhésion silencieuse par laquelle s'établit rituellement mais pacifiquement le mécanisme politique de la délégation. C'est dire si les vertus civiques qui forment l'ossature de la construction normative du suffrage universel sont inséparables d'un projet plus général de forclusion de la contrainte physique3. Quel peut être l'intérêt de mettre en parallèle l'expérience électorale avec le phénomène de la violence politique ? Il est d'abord de libérer certains des problèmes théoriques que soulève l'inscription d'un tel geste dans la trame quotidienne des relations sociales. La pratique du scrutin ne reste pas sans effet sur ses utilisateurs. Elle heurte, bouleverse, transforme leurs conduites car ses modalités particulières pèsent directement sur les usages qui viennent périodiquement l'investir. Il est ensuite de montrer que la pratique du vote s'apparente non seulement à une technique d'enregistrement des "opinions" mais aussi à un outil d'apprentissage et d'acculturation. Sa généralisation à partir de la fin du XIXe siècle s'établit sur un double mouvement : d'une part, l'émancipation - 1 - des formes traditionnelles de rapport à soi qui favorisaient l'explosion des violences tantôt communautaires tantôt révolutionnaires, d'autre part, la diffusion d'un système de représentations célébrant la primauté de la conscience individuelle comme principe légitime de choix politique. A partir de ce cadre théorique, on voudrait examiner les principales modalités d'institutionnalisation d'un espace pacifié du vote, notamment celles qui se rapportent au travail juridique de codification. Il conviendra également de dire un mot des formes de représentation qui forgent et pérennisent un pareil ordonnancement électoral tout en restant bien sûr attentif aux multiples résistances qu'a pu rencontrer historiquement l'application de ces règles de civilité électorale. L'ESPACE DU VOTE COMME ESPACE DE CIVILITE Au départ, un constat : la dimension pacificatrice de l'activité électorale est un thème largement retenu par les principaux................. |
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| Date de validation: | 01-07-2009 |
| Catégorie: | Annuaire > DELINQUANCE / INCIVILITES > Definitions |
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