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Alcoolisme au travail

Détails : Mieux prévenir l'alcoolisme au travail
Mieux prévenir l'alcoolisme au travail

Alcool et drogue au travail sont des réalités encore trop souvent taboues. Les partenaires sociaux veulent accentuer la prévention.

François-Xavier GIOT

C'était il y a deux semaines. Une cinquantaine de policiers déboulaient chez Industeel, à Mont-sur-Marchienne, pour vérifier si des travailleurs exerçaient sous l'influence de drogues. Cette descente faisait suite à une série d'incidents restés inexpliqués. Et les soupçons des enquêteurs se sont vérifiés puisque des seringues et des boulettes d'aluminium servant à la consommation de cocaïne ou d'héroïne ont été découvertes.

Il s'agit, dans le cas présent, de faits d'une gravité extrême et fort heureusement plutôt rares. Mais ils ont le mérite de ramener sur le devant de la scène les problèmes liés à l'alcool et à la drogue au sein des entreprises. Jusqu'à présent, chaque entreprise était libre d'agir comme bon lui semblait face à cette problématique. Mais depuis le 1er avril 2009, une Convention collective de travail (n° 100) offre un cadre de référence à l'ensemble des sociétés privées belges.
Sujet longtemps tabou

« Les problèmes liés à la consommation d'alcool sur le comportement au travail sont connus depuis longtemps », explique le Dr Valérie Libotte, médecin du travail et responsable Études et développement au Cesi (Service externe de prévention et de protection) : prestations moindres, absentéisme, risque d'accidents, etc. « Mais il est très difficile de les chiffrer, surtout en ce qui concerne la drogue. » D'autant que le sujet est encore tabou.

Néanmoins, la grande enquête santé menée en Belgique en 2004 indiquait que 7 % de la population reconnaissait avoir une consommation alcoolique problématique. Et « sept buveurs qui reconnaissaient avoir une consommation problématique sur dix exerçaient un emploi ». Certes, il s'agit là de données subjectives dépendant de la bonne volonté de chaque sondé. Mais elles restent intéressantes.

En matière de drogue, 5 % de la population admettait avoir consommé du cannabis dans les 12 mois qui ont précédé l'enquête. Et 30 % de ces consommateurs sont considérés comme de gros consommateurs (plus de 20 jours par mois).

Mais quand on parle de drogues, il ne s'agit pas uniquement de substances illicites. La dépendance aux médicaments peut aussi poser problème. « Il s'agit d'une problématique difficile à prendre en compte car elle concerne directement la vie privée des gens », observe le Dr Libotte.
Tout le monde d'accord

Conscients que la consommation d'alcool et de drogue pouvait déboucher sur des conséquences parfois dramatiques, souvent problématiques, les partenaires sociaux se sont réunis autour d'une table pour parvenir à un consensus sur la réponse à apporter. Le meilleur moyen de lutter contre l'effet négatif de ces deux substances sur le comportement des travailleurs qui en consomment reste la prévention. D'où le nom même de cette nouvelle convention « concernant la mise en oeuvre d'une politique préventive en matière d'alcool et de drogues dans l'entreprise ».

L'objectif de cette convention n'est pas de stigmatiser la personne qui souffre d'une assuétude à l'une des deux substances, explique Valérie Libotte, en lui disant : « Vous êtes alcooliques » mais plutôt d'attirer son attention en disant : « Vous disfonctionnez dans votre travail, il est possible que vous souffriez... » Et alors de lui venir en aide.

« L'objectif est de prévenir et de remédier au problème. L'entreprise devient alors le relais de cette prise en charge », fait remarquer la spécialiste. Il ne s'agit pas d'une législation répressive, comme c'est le cas avec le tabagisme où l'impact sur la santé est tout autre. D'autant qu'abandonner le malade ne lui serait d'aucune aide, même si parfois il ne reste plus d'autre solution...............

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