EUROPE | À chacun sa sécurité

  EUROPE | À chacun sa sécurité
Titre: EUROPE | À chacun sa sécurité
Url: www.journaleuropa.info
Description: L’insécurité (donc la sécurité) est sur toutes les lèvres. Thème de campagne préféré des candidats à la présidence française de la République depuis presque 30 ans, la sécurité est présentée comme une mission régalienne de l’état. Pourtant, rares sont les thèmes de campagne aussi vastes et flous que celui-ci, victime d’une définition politique nébuleuse et d’un vide juridique certain. Essaimé dans tous les champs de la vie sociale, on peut légitimement se demander : «de quelle sécurité parlons-nous?». Sociale, sanitaire, routière, publique, de l’emploi, intérieure ou globale, la pluralité des définitions est, c’est le moins qu’on puisse dire, déconcertante.
[Cliquer pour agrandir]

Sécurité vs Sûreté
C’est dans les textes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’apparaît pour la première fois la notion de sécurité, non de façon explicite, mais à travers l’interprétation qu’on en fait, en l’assimilant au terme «sûreté» : «le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression». À l’époque révolutionnaire, la «sûreté» désignait la «garantie des droits». Autrement dit, il s’agissait de protéger les citoyens contre les abus du pouvoir monarchique. C’est à partir de la fin du XVIIIe siècle (1), puis tout au long du XIXe, que l’interprétation du terme «sûreté» glisse peu à peu pour être comprise comme «celle de l’État», ou garantir l’intégrité de la Nation contre les agressions extérieures.
L’émergence de la notion de sécurité telle qu’on l’entend aujourd’hui, c’est-à-dire l’assurance d’une protection (ou prévention) faite aux citoyens, par la Nation, contre les aléas susceptibles de les menacer («garantie contre les risques de l’existence : droit à l’emploi, protection de la santé, sécurité matérielle, repos et loisirs» (2)), fait son apparition implicite dans plusieurs articles du Préambule de la Constitution de 1946. Le droit à la sureté conserve quant à lui, et c’est encore le cas aujourd’hui, son sens juridique premier et s’entend définitivement comme «le droit à ne pas être exposé, accusé ou détenu arbitrairement, ni d’être exposé à des peines qui ne seraient strictement et évidemment nécessaires». Dès lors, la notion de sécurité trouve son autonomie juridique et se détache de la «sûreté», bien que de nombreux politiciens et législateurs persistent dans l’amalgame sémantique.

Insécurité
Ce n’est qu’en 1977 avec le rapport Peyrefitte (3) qu’émerge la prise de conscience du «sentiment d’insécurité». «Dans la France d’aujourd’hui, une peur enfouie au plus profond de l’homme, mais effacée pour un temps des mémoires, est reparue sous la forme d’un sentiment d’insécurité». L’existence d’un droit à la sécurité au sens plus étroit de la protection du corps social contre les agressions violentes extérieures (terrorisme) ou internes (délinquance de droit commun), a donc progressivement été mis au jour depuis la loi «Sécurité et Libertés» de 1981, dit loi Peyrefitte, jusqu’à être explicitement consacrée par la loi du 25 janvier 2001 : «l’État a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur le territoire de la République, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre publics, à la protection des personnes et des biens».
Dès lors, la sécurité est moins perçue comme un droit des citoyens que comme un devoir de l’État. Aujourd’hui, l’insécurité oblige l’État à «se tenir prêt» (4) contre d’éventuelles menaces, de moins en moins acceptées. Le problème viendrait donc, selon Marc-Antoine Granger5, de «l’obsession sécuritaire», induisant un principe de précaution qui contraint l’état à intervenir, non plus sous le poids d’une véritable menace, mais pour prévenir un risque plus ou moins hypothétique ou fantasmé. Ce qui a engendré une inflation de lois sécuritaires depuis 1995, qui «n’apparaît.....................
Hits: 0
Notes: 0.0/5 pour 0 notes
Commentaires: 0
Date de validation: 14-10-2009
Catégorie: Annuaire > DELINQUANCE / INCIVILITES > Sentiment d'ins
Google™
PageRank
Chargement...
Nombres de backlinks
Chargement...
Nombres de pages indexées
Chargement...
Interaction

Thématique proche de EUROPE | À chacun sa sécurité

La peur de la délinquance a encore diminué en 2009
Signe des temps, le chômage et la pauvreté sont les principaux sujets de crainte des...
L'insécurité, c'est aussi dans la tête
A moins d'un mois des élections régionales, la sécurité reste l'une des préoccupations des...
La frénésie sécuritaire en débat
L’Association Française de Criminologie (AFC), le Syndicat de la Magistrature (SM), le...
Un sentiment d’insécurité
La sécurité publique est de nouveau sur la sellette. Après les très nombreuses réunions...
La transition autoritaire
Après une décen­nie de déve­lop­pe­ment exa­cerbé du dis­cours sécu­ri­taire, nourri...
toolbar powered by Conduit
 
Propulsé par Arfooo Annuaire © 2007 - 2009    Generated in 0.058 Queries: 7 / Miniatures par Miwim / Telechargez la barre d'outils de 10moi