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Dossier : les incivilités.

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                                                                                        causes aux incivilités

De nombreuses hypothèses sont avancées.
Su
r http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses/ecjs/incivilite-comp-fp.html  on nous cite :
- L'affaiblissement du contrôle social et des liens sociaux traditionnels
- L’affaiblissement du contrôle social et l’urbanisation.
- Ce que l'on pourrait nommer "une conduite à risque"
- Le développement de sous-cultures d'opposition
- Les difficultés d’intégration
- La montée des inégalités et de la ségrégation
- Accumulation des frustrations et pertes de l’estime de soi
- La violence instrumentale
- A l'école, une perception d'une école violente.
 

Armand Chanel écrit : "Les causes de cette montée des incivilités sont d'abord le développement de la tolérance vis à vis des déviances mineures : elle est en relation notamment avec une plus grande mobilité géographique qui, en diminuant les relations d'interconnaissance, affaiblit la pression sociale tant chez ceux qui l'exercent que chez ceux qui la subissent. Elle s'explique aussi par un relâchement de l'autorité parentale, relativisée chez les enfants par d'autres modèles normatifs proposés par les médias notamment, et délaissée par les parents eux-mêmes qui répugnent à des relations autoritaires dans le foyer qu'on souhaite d'abord hédoniste. Ensuite, on allègue aussi la désorganisation sociale de certains quartiers due au déclin des encadrements associatif, syndical et politique traditionnels en milieu populaire, sans oublier un fait qui touche particulièrement les familles d'origine immigrée : une autorité parentale qui peut être décrédibilisée face aux modèles culturels des classes moyennes véhiculés par les médias ou l'école et intériorisées par les enfants. Tout ceci laisse place alors à "la galère" de certains jeunes (F. Dubet), et à des comportements violents: violence "utilitaire" (vols et rackets, c'est le "conformisme déviant" de Merton) ou violence expressive (exprimer et expulser sa "rage"). Enfin, on peut noter l'affaiblissement du contrôle des institutions, policières et judiciaires, qui, débordées par d'autres priorités, délaissent ces petites infractions. Or, on sait qu'une norme sociale ou juridique longtemps non réprimée finit par perdre sa valeur contraignante et donc normative..."

Un document,
"débat national" répertorié dans l'annuaire, nous dit encore autre chose :
Causes possibles des incivilités
Il s’est ensuite avéré intéressant de s’interroger sur les causes possibles de ce phénomène. Deux grands axes ont ainsi été dégagés : les causes internes au système éducatif et les causes externes.
a. Les causes internes : pour certains parents, la respectabilité de la fonction enseignante a été quelque peu mise à mal durant ces dernières années. L’autorité du professeur est devenue discutable et les sanctions qu’il donne sont parfois discutées. Ainsi, les jeunes élèves s’approprient parfois la façon qu’ont leurs parents de considérer le monde enseignant dans sa globalité.
b. Les causes externes : différentes pistes ont été évoquées :
• L’extrême violence des jeux vidéos et de la télévision


Il a été remarqué que les jeux vidéos n’influencent pas tous les enfants. Il reste cependant vrai que la violence des images banalisées par la télévision et les journalistes peut être un choc direct pour les jeunes enfants.
• Une éducation déficiente
La tendance actuelle en matière d’éducation est de parfois faire de l’enfant un enfant roi. Son rôle et sa place ont ainsi été dénaturés. Durant leur enfance certains jeunes n’ont jamais eu à suivre de règles et n’ont jamais été soumis à quelque autorité que ce soit. On comprend dès lors pourquoi une rupture peut se produire lorsque l’enfant ou l’adolescent se trouve obligé par l’institution scolaire de respecter son code propre.
• Une société de consommation toute-puissante
Les incivilités sont aussi créées par la société de consommation. L’élève est devenu un consommateur du savoir et estime avoir le droit de gérer sa vie d’élève selon les « lois » qui régissent cette société. Issu de la génération « zapping », il considère que l’institution est à sa disposition et se réserve le droit de la remettre en cause et de la malmener si elle ne satisfait pas ses attentes.
Dans le
"rapport du collège Le Lac" nous relevons quelques réflexions qui nous semblent nourrir le débat :
Nous soulignons au cours de ce débat les causes des violences liées à l’Institution scolaire et l’Etat. L’échec scolaire constitue une violence pour les élèves. L’inadéquation du système scolaire face aux élèves est source de violence...
Nous supposons que les causes des incivilités des élèves appartiennent principalement au domaine de l’éducation parentale. L’absence des parents face à la difficulté de leur enfant génère des comportements inciviques. Nous soulignons l’incapacité et la difficulté de certains parents à éduquer leurs enfants dans une société où ceux-ci confondent droits du consommateur et devoirs du citoyen. Malheureusement, nous notons également le laxisme de quelques parents qui dévoile un renoncement aux conflits avec leurs enfants.
D'autres, comme sur
"Ecoles différentes", voient dans l'ennui à l'école l'une des causes de la violence scolaire. Ils s'interrogent :
Un élève qui s'ennuie est un élève qui décroche, donc potentiellement perturbateur. L'intéresser, donner plus de sens aux enseignements apparaît essentiel dans un contexte où la lutte contre les incivilités est devenue une priorité. Mais comment faire ? "L'école doit-elle résister à la frénésie du ludique ou s'adapter au règne du divertissement ?", résume, sous forme d'interrogation, le CNP, qui a rassemblé des philosophes, des sociologues et des chercheurs en sciences de l'éducation pour répondre à la question.
Concernant les causes, personnellement, je me poserais la question suivante : si l'incivilité est bien le contraire de la civilité - règles de respect de biens ou d'autrui pour pouvoir vivre en société - qu'est ce qui fait qu'elle est devenue à partir des années 1990 contraire de respect de la loi ? Quel est cet amalgame qui fait que l'on peine à distinguer l'incivilité de la délinquance ? Quel est cet amalgame qui fait que l'on peine à distinguer respect des règles de vie en société et respect de la Loi ?

Qu'est ce qui fait qu'une impolitesse ou un non respect quelconque devienne à partir des années 1990 une incivilité, c'est à dire un acte ne remettant pas en cause une relation de personne à personne mais mettant en cause la relation d'un individu à l'ensemble de la société ? Avant on disait "qui vole un œuf vole un bœuf", c'est à dire que l'on attendait qu'un délit soit commis pour envisager le pire ; maintenant ce n'est plus l'acte qui est jugé mais simplement l'attitude. Bien entendu que bousculer une petite grand-mère ce n'est pas bien ! "Ce n'est pas bien" signifie que c'est une question de morale, de respect. Dans ce cas c'est une question d'éducation. Celle-ci est gérée par la société civile au sens philosophique du terme. Or on a l'impression que de plus en plus cela devient une question d'interdit : on ne bouscule pas une petite grand-mère sinon bientôt il y aura un texte de Loi prévoyant une sanction. J'ai l'impression que cela devient affaire d'état, d'Etat ! Qu'en penser ? Les valeurs de la société civile peuvent elles avoir valeur de lois ? N'est ce pas incohérent, et après tout n'en est-ce pas une des raisons, à un moment où les mêmes valeurs ne sont peut être pas partagées de la même façon par tous ? Cédant à la caricature, remarquons que les valeurs en vigueur en certains lieux - les Cités totalement par exemple- ne sont pas toujours les mêmes que dans les "centres villes". Cela signifie t'il qu'il y aurait DES sociétés civiles et que le passage par l'Etat serait un "contenant", un frein à l'opposition de divers systèmes de valeurs. Notons que bien souvent ce sont les symboles de l'Etat qui subissent les affres de l'incivilité...
Mais après tout je n'en sais rien, ce ne sont qu'hypothèses...

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